FLÂNERIES BÂLOISES

Flâneries bâloises (3) Avec Lea Zeitman, ambassadrice de la mode

Depuis quatre ans, cette jeune Bâloise fait l’inventaire des bons plans chics sur son blog, isawsomethingnice.ch. Elle nous a livré quelques-unes de ses adresses préférées.« Presque tous les jours, je pars en quête de nouveautés. À Bâle, mais aussi Zurich, Mulhouse… » Le nom du blog lancé en 2010 par Lea Zeitman affiche clairement ses intentions: isawsomethingnice (j’ai vu quelque chose de sympa). « Je voulais partager ce que je trouve bien, dans les domaines de la mode surtout, mais aussi du design, de l’art, de la beauté, du lifestyle. Contrairement à beaucoup de blogueurs, je ne parle jamais des choses que je n’aime pas… »

Fille d’une Bâloise et d’un Californien, qui se sont rencontrés dans un kibboutz israélien à la fin des années 1970, elle écrit en anglais, visant d’emblée une audience dépassant le périmètre qu’elle arpente. Depuis quelque temps déjà, elle guide les fashion bloggers du monde entier en visite dans sa ville natale. Si, à 31 ans, elle habite aujour d’hui près de la Kaserne, dans un Klein Basel moins onéreux et plus tendance, c’est une enfant de Gross Basel, qui a grandi à Gellert, secteur résidentiel du quartier St-Alban. « Ma grand-mère maternelle faisait beaucoup de choses de ses mains : elle tricotait, fabriquait des poupées, ça m’a passionnée très tôt. À 6 ans, je fabriquais des pantalons pour mon petit frère, en découpant les housses de coussins de ma mère… » Attirée par la mode et le design, elle a choisi d’étudier le second, à l’institut HyperWerk, branche de l’Université des sciences et arts appliqués. « Je ne voulais pas devenir créatrice de mode, je voulais que cela reste une passion dont je parlerais. »

Quand elle a voulu gagner sa vie, les fondateurs de la marque de vêtements Tarzan (lire ci-des- sous) l’ont embauchée, malgré son inexpérience, pour organiser leur production de coton bio, en Inde et en Chine. Puis elle a travaillé deux ans à l’accueil du cabinet des stars locales de l’architecture, Herzog & De Meuron. Un job à temps partiel, qui ajoute une belle ligne à son CV mais qui lui a surtout permis de payer son loyer pendant qu’elle développait son projet personnel : isawsomethingnice.ch. Depuis février dernier, elle s’y consacre pleinement. Malgré des propositions de plus en plus nombreuses, elle a toujours refusé la publicité, pour préserver la clarté de son blog. Elle cherche plutôt à développer des partenariats avec des marques et « pige » pour des sites de vente de cosmétiques en ligne. Depuis une paire d’années, sa notoriété va croissant, son nom fait son chemin d’un service de communication à l’autre, et elle reçoit des invitations régulières, comme à la récente « Fashion Week » d’Amsterdam. Aujourd’hui, quand elle entre pour la première fois dans une boutique, appareil photo en main, on la toise encore avec méfiance. Mais quand elle se présente, les sourires apparaissent et l’accueil se fait bien- veillant. « Récemment, au Hinterhof [NDLR : un bar branché], des ados m’ont demandé si j’étais bien la Lea Zeitman d’isawsomethingnice.ch confie-t-elle, à la fois étonnée et ravie.

Son style personnel ? « Il change tous les jours », associant grandes marques et bon marché, sac Miu Miu et bottes « à 8 € » dénichées dans les enseignes chinoises de l’avenue de Colmar, à Mulhouse, qui lui permettent de snober ses copines bâloises. Elle fréquente aussi les marchés aux puces. « Je trouverai toujours quelque chose, dans n’importe quel endroit. C’est d’ailleurs mon problème ! » Elle adaptait beaucoup de vêtements achetés en seconde main, mais le temps lui manque désormais pour faire autre chose que rapiécer ceux de son compagnon ou de son frère. Face à la demande d’un cercle de plus en plus marge, les collerettes qu’elle confectionnait pour elle-même sont devenues une collection, fabriquée dans la région, vendue à Bâle et aux États-Unis. Son inventaire permanent met en avant le « swiss design » et la production des stylistes locales, qui reste souvent artisanale. « Beaucoup de créateurs de mode suisses sont formés à Bâle, à l’institut Doing Fashion, et certains ont acquis une notoriété internationale, comme Julian Zigerli et Sandro Marzo. Mais ils ne restent pas : ils s’installent à Zurich, à Paris, à Milan… Les seules choses qui sont famous à Bâle, ce sont la Fondation Beyeler, le FCB (le club de foot), Art Basel, Baselworld et Herzog & de Meuron ! » Dans la belle rue montante de Spalenberg a tout de même été créé un discret « walk of fame », comme sur Hollywood Boulevard, avec des dalles portant les noms de personnalités locales. Mais comme leur ville, leur succès reste un secret bien gardé.

Marinsel
« Voilà un vrai concept-store, souligne Lea Zeitman à propos de Marinsel. Ceux qui ont déjà tout trouveront encore quelque chose… »
Vêtements pour hommes et femmes, pour petits et grands, ceintures, lunettes, sacs, casquettes, accessoires de bureau, étuis pour téléphones et briquets : de style casual, les marques sont italiennes, scandinaves (Ganni, Won Hundred), américaines (Dusen Dusen, directement de Brooklyn et ici en exclusivité européenne), rassemblées depuis huit ans dans une des rues principales de Kleinbasel par Marianne Mumenthaler. Feldbergstrasse 10. Site internet : www.marinsel.ch

Westen
Sabina Jäger et Angelina Sandri sont deux créatrices de mode. Depuis deux ans, elles travaillent au sous-sol de leur propre boutique, dans le quartier de St Johann. Le centre-ville est à dix minutes à pied, mais on ne vient pas par hasard. Les affranchies trouvent là les créations des deux Bâloises – des exemplaires souvent uniques, comme l’étonnant imperméable imaginé par Sabina, vendu 290 FS – mais aussi des vêtements et accessoires d’autres créateurs, locaux (comme les collerettes de Lea Zeitman) ou lointains, ainsi que des articles de seconde main, l’occasion n’étant pas réservée au bas de gamme outre-Rhin. Mülhauserstrasse 55. Site internet : www.westen-store.ch

Riviera
Ouverte en 2006 par la francophone Andrea Otto, cette boutique propose vêtements pour elle et lui, bijoux fantaisies, chaussures et accessoires, conçus par des créateurs locaux ou européens, connus ou méconnus. Le panier moyen des clientes se situe entre 100 et 250 FS. Feldbergstrasse 43. Site internet : www.baslerriviera.ch

Taktil Work/Shop
La vente de vêtements très orignaux (la patronne, Danielle Noelle Dreier-Harris, crée d’étonnants modèles transformables, « tout en un ») se double ici d’un atelier qui accueille régulièrement le public pour apprendre à fabriquer des chaussures à la main ou l’impression sur tissus, avec des spécialistes. Feldbergstrasse 39. Site internet : www.taktilworkshop.ch

Tarzan
Les Bâlois Manuel Rieder et Caesar von Däniken ont commencé par imprimer des tee-shirts pour eux- mêmes, à l’effigie du célèbre homme singe créé par Edgar Rice Burroughs. Leurs amis en ont rapi- dement voulu aussi, le cercle s’est élargi de plus en plus. La première collection a vu le jour en 2001. Aujourd’hui, la marque est présente dans toute la Suisse et possède deux boutiques, à Bâle et à Zurich (depuis 2009). Le siège, où sont conçus les vêtements, est resté à Bâle, l’impression des tissus se fait dans les environs. Si elle ne peut exporter faute d’acquisition des droits sur le nom (la variante Tarzan.ch permet apparemment de lever l’obstacle à domicile), la société s’apprête à lancer une seconde marque pour le reste de l’Europe. Rue Spalenberg, on trouve notamment les fameux tee-shirts, aux motifs nombreux, et des « hoodies » (sweat-shirts à capuche) colorés mais sobres, dont la qualité tient remarquablement dans le temps. 25 % de réduction sur présentation d’une carte d’étudiant – même française. Spalenberg 39 à Bâle. Site internet : www.tarzan.ch

La Suisse dans la poche
Lea Zeitman fait partie des « ambassadeurs » retenus par l’Office national du tourisme suisse pour son application mobile Suisse Pocket, proposée en version française depuis mars dernier. Ils sont plusieurs dizaines, aux professions variées – musicien, styliste, photographe, journaliste, directeur marketing, chef, écrivain (Joel Dicker, l’auteur de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, parle de son Genève)… –, à faire découvrir les principales attractions et trésors cachés, à proposer leurs bons plans et adresses, dans les villes où ils résident : Bâle (rangée dans la rubrique « sociable »), Berne (« culturelle»), Genève (« chic »), Lausanne, Lucerne (« sportive »), Lugano et Zurich. L’application permet aussi de recevoir automati- quement des réductions et des offres commerciales utilisables « in situ ».

Textes et photos : Olivier Brégeard

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